Philippe Kolly: « Je pars avec le sentiment du devoir accompli »

Philippe Kolly occupe le poste de président du FC Bulle depuis dix ans. Il a choisi de quitter ses fonctions au 30 juin 2021 et de passer la main à ses successeurs: Alain Moradpour et Steve Guillod. Philippe a accepté de revenir sur son parcours à la tête de notre club. Interview.

 

Salut Philippe, merci de nous accorder un peu de temps. Comment te sens-tu au moment de quitter la présidence du FC Bulle?

Le sentiment est différent parce que j’ai choisi la date de mon départ voici deux ans. Je suis également soulagé d’avoir trouvé mes successeurs. Cependant, je dois bien avouer que le pincement au cœur est bien présent. En dix ans, j’ai côtoyé bon nombre de personnes qui sont devenues des amis.

Raconte nous ton arrivée au club.

Après le couac pour le 100e anniversaire du club, en 2010, le comité d’alors avait démissionné en bloc. Charly Grandjean et Patrice Bertherin cherchait un président pour le FC Bulle. Ils m’avaient dit qu’ils voulaient quelqu’un de strict et rigoureux pour permettre au club de retrouver son âme.

Avant d’accepter, as-tu négocié avec ta famille?

Tout à fait. Nous avions voté et le oui l’avait emporté par 3 voix contre 2! J’acceptais aussi ce poste de président pour apprendre à gérer les médias et un groupe de bénévoles. J’avais quand même l’impression qu’ils m’envoyaient à la pêche aux crabes (rires).

 

Avant ta nomination, quel lien entretenais-tu avec le FC Bulle?

Je jouais pour le club, surtout en juniors. J’ai suivi la filière des inters de l’époque. J’aimais bien ce sport et je gardais de bons souvenirs en Bouleyres. Ensuite, j’ai évolué en 3e ligue avec Sâles avant de revenir avec la Deux de Bulle. Après quelques blessures, j’ai arrêté le football tout en suivant les résultats du FCB.

 

Te souviens-tu de ton premier match à la tête du club?

Oui, très bien même. C’était un match à Echallens et nous venions de retrouver la 1re ligue. Nous avions perdu 7-1 et je me rappelle avoir pensé: «Mais dans quoi je me suis fourré?»

 

Quelle fut la «patte Kolly» pendant ces dix ans?

Ce n’est pas facile de parler de soi, d’autant plus que je n’ai de loin pas agi tout seul. Je pense que j’ai tablé sur la stabilité tout en maintenant une rigueur financière. Après, tu sais, être président t’amène à beaucoup discuter et réfléchir pour trouver la meilleure solution pour le club. Je pense avoir été un président participatif plutôt que directif.

 

Le FC Bulle, ce n’est pas seulement la première équipe. Il compte aussi près de 600 juniors.

Tout à fait! Et je suis fier de notre rapprochement avec La Tour/Le Pâquier et de la bonne entente que j’ai entretenu avec le président Jean-Pierre Wehren. Cette fusion chez les juniors était une promesse que nous avons tenue.

Ma vision et celle du club a toujours été la suivante: garder le football compétition tout en gardant le même niveau de plaisir.

 

As-tu un mauvais souvenirs à partager?

C’est difficile d’en parler, parce que je n’ai pas forcément de regrets. Il y a toutefois cette relégation en 2e ligue inter vécue à Martigny en 2014… Ou cette non-promotion à Portalban/Gletterens en 2017. Sur 3600 jours de mandat, cela fait peu de mauvais souvenirs n’est-ce pas (sourire)?

 

Du coup, quels sont tes meilleurs souvenirs avec la 1re équipe?

Retrouver la 1re ligue en 2018 en finissant le championnat invaincu. Cette promotion sonnait comme un soulagement. Nous étions passés si proches les années précédentes que la pression devenait insoutenable.

Je garde également les derbys du dimanche matin dans un coin de ma tête. Ou alors un but venu d’ailleurs marqué par Sébastien Voelin à Lausanne pour nous éviter de craindre une relégation.

Je me souviens très bien de mon premier match en tant que président du FC Bulle. C’était une rencontre face à Echallens et nous venions de retrouver la 1re ligue. Nous avions perdu 7-1 et je me rappelle avoir pensé: «Mais dans quoi je me suis fourré?»

Philippe Kolly

Es-tu fier du travail que tu as accompli à Bouleyres?

Oui, sincérement. Les gens ne se rendent peut-être pas compte de l’ampleur de la tâche. Ce poste équivaut à un 25 ou un 30% de travail hebdomadaire. J’ai toujours pu compter sur des personnes qui m’ont épaulé. Que ce soit durant mes années d’apprentissage à la tête du FC Bulle ou au comité.

Aujourd’hui, je suis fier d’avoir stabilisé le club en 1re ligue avec un niveau de jeu qui tient la route, une équipe à majorité fribourgeoise et entraînée par un Fribourgeois. J’aime bien dire que nous nous trouvons sur la page gauche du télétexte. Nous possédons également cette place honorifique de club phare du canton.

 

Quels mots adresses-tu à tes deux successeurs?

J’ai une totale confiance en Alain (Moradpour) et Steve (Guillod) pour la suite. Ce binôme va bien fonctionner dans les années à venir et il va avoir du plaisir à diriger ce club. Je lui souhaite le meilleur pour la suite.

 

Quelle vision gardes-tu du FC Bulle?

D’un club qui bénéficie d’une belle image à l’extérieur de Bouleyres et qui est le plus haut placé dans le canton actuellement. On sent également que l’engouement est revenu dans les tribunes. Sans compter que le club suit une continuité certaine en se basant sur une formation de qualité. Si je dois glisser une petite doléance, ce serait de donner un coup de neuf aux infrastructures…

 

Je te repose la première question. Philippe, comment te sens-tu au moment de quitter la présidence du FC Bulle?

Je pars avec le sentiment du devoir accompli. Je n’oublierai jamais ce que le club, le comité, les entraîneurs et tous ses membres ont accompli ces dernières années. En dix ans, Bouleyres est devenu ma deuxième famille. Mais je te rassure, le rideau ne va pas tomber tout de suite. Je vais continuer de donner de la voie en tribune. Une partie de mon cœur restera à jamais rattaché au FC Bulle.

Je pars avec le sentiment du devoir accompli. Je n’oublierai jamais ce que le club, le comité, les entraîneurs et tous ses membres ont accompli ces dernières années. En dix ans, Bouleyres est devenu ma deuxième famille.

Philippe Kolly